Pourquoi certains enfants perdent-ils rapidement leur attention pendant une activité en périscolaire ou en centre de loisirs ? Découvrez les explications scientifiques et des conseils concrets pour maintenir leur engagement
Vous avez sûrement déjà vécu cette situation.
Vous préparez un grand jeu, un atelier créatif ou une activité en centre de loisirs pendant plusieurs heures. Vous avez anticipé le matériel, organisé les équipes et imaginé un scénario qui, sur le papier, semblait parfait.
Les premières minutes sont prometteuses. Les enfants participent avec enthousiasme, répondent à vos questions et semblent pleinement investis.
Puis, progressivement, quelque chose change. L’un commence à regarder ailleurs. Un autre discute avec son voisin. Certains se lèvent sans raison apparente, tandis que d’autres semblent avoir complètement perdu le fil de l’activité.
En tant qu’animateur ou animatrice, il est facile de penser :
« Mon activité n’était peut-être pas assez intéressante. »
Pourtant, la recherche scientifique raconte une histoire bien différente.
Les spécialistes du développement de l’enfant expliquent que l’attention n’est pas une capacité fixe. Elle dépend notamment :
- de l’âge des enfants ;
- du développement de leur cerveau ;
- de leur fatigue ;
- de leur motivation ;
- de leur besoin d’autonomie ;
- de la manière dont l’activité est présentée ;
- mais aussi de nombreux facteurs sur lesquels les animateurs peuvent réellement agir.
Autrement dit, si un enfant décroche pendant une activité, cela ne signifie pas automatiquement que votre animation est mauvaise.
Comprendre comment fonctionne l’attention permet au contraire de construire des activités plus engageantes, que ce soit en périscolaire, en centre de loisirs, en séjour de vacances ou dans tout autre accueil collectif de mineurs.
Dans cet article, nous allons découvrir ce que disent les recherches scientifiques les plus récentes, mais surtout comment transformer ces connaissances en astuces simples et applicables dès votre prochaine animation.
1. Les capacités d’attention évoluent avec l’âge : le cerveau d’un enfant n’est pas celui d’un adulte
Lorsque plusieurs enfants décrochent pendant une activité, notre premier réflexe est souvent de remettre en question notre animation. Pourtant, il est essentiel de rappeler une chose : un enfant n’a pas encore les mêmes capacités d’attention qu’un adulte. Le cerveau continue de se développer pendant de nombreuses années. Les régions impliquées dans le contrôle de l’attention, l’inhibition des distractions et la concentration, notamment le cortex préfrontal, ne sont pas encore totalement matures chez les jeunes enfants.
En pratique, cela signifie qu’un enfant de 4 ou 5 ans peut être totalement passionné par une activité… puis être distrait quelques instants plus tard simplement parce qu’un camarade a parlé, qu’un ballon passe au loin ou qu’un oiseau attire son regard. Ce comportement est parfaitement normal.
Une étude publiée en 2021 dans la revue scientifique Child Development montre que les capacités de contrôle de l’attention progressent progressivement tout au long de l’enfance. Les jeunes enfants sont naturellement plus sensibles aux distractions que les plus grands, même lorsqu’ils souhaitent réellement participer à l’activité. Cette découverte est importante pour les animateurs : le manque de concentration n’est pas forcément un manque de motivation.
Un enfant peut aimer énormément votre activité tout en ayant du mal à maintenir son attention pendant une longue période. C’est également pour cette raison qu’une activité qui fonctionne très bien avec un groupe de 9-11 ans peut sembler beaucoup plus difficile à animer avec des enfants de maternelle.
Comment adapter ses activités en périscolaire ou en centre de loisirs ?
Les recherches suggèrent plusieurs pistes simples :
- privilégier des explications courtes plutôt qu’un long discours ;
- montrer avant d’expliquer lorsque c’est possible ;
- alterner régulièrement écoute, manipulation et mouvement ;
- découper une activité longue en plusieurs petites étapes avec des objectifs intermédiaires ;
- vérifier régulièrement que tout le groupe suit avant de poursuivre.
Ces ajustements peuvent sembler anodins, mais ils correspondent au fonctionnement naturel du cerveau des enfants.
À retenir pour les animateurs :
Avant de conclure qu’une activité ne fonctionne pas, posez-vous une autre question :
Est-elle adaptée aux capacités d’attention de l’âge des enfants présents ?
Très souvent, une simple modification du rythme ou de la manière de présenter l’activité suffit à retrouver leur engagement.
Source scientifique : Hoyer et al. (2021). Development of Attention Control During Childhood. Child Development. Disponible sur PubMed
2. Les enfants restent plus engagés lorsqu’ils ont le sentiment de choisir
Imaginez deux situations.
Dans la première, vous annoncez : « Aujourd’hui, tout le monde fera exactement la même activité, de la même façon. »
Dans la seconde, vous dites : « Vous allez réaliser la même mission, mais vous pourrez choisir votre équipe, votre rôle ou la stratégie que vous utiliserez. »
Quelle situation a le plus de chances de susciter l’enthousiasme ?
Pour la plupart des enfants… la seconde.
La psychologie parle d’un besoin fondamental : l’autonomie. Les enfants, comme les adultes, sont généralement plus motivés lorsqu’ils ont le sentiment de pouvoir influencer ce qu’ils font, même à travers de petits choix. Cela ne signifie pas qu’il faut leur laisser organiser entièrement l’activité. En revanche, leur offrir une marge de décision peut renforcer leur implication.
Des recherches récentes menées auprès d’enfants d’âge préscolaire montrent que cette possibilité de choisir favorise le maintien de l’attention et augmente la persévérance dans la tâche.
En animation, cela peut se traduire par des choix très simples :
- choisir la couleur de son équipe ;
- décider de l’ordre de passage ;
- attribuer différents rôles au sein d’un grand jeu.
Ces petites décisions donnent aux enfants le sentiment d’être acteurs plutôt que simples exécutants.
Pourquoi cela fonctionne-t-il ?
Lorsqu’un enfant fait un choix, il investit davantage l’activité. Il ne participe plus seulement parce qu’un adulte le lui demande, mais aussi parce qu’il s’est approprié une partie de l’expérience. C’est une différence subtile, mais qui peut transformer l’ambiance d’un atelier, d’un jeu de coopération ou d’une enquête grandeur nature.
Comment l’appliquer facilement ?
Avant chaque activité, demandez-vous :
« À quel moment puis-je laisser un vrai choix aux enfants sans compliquer l’organisation ? » Très souvent, quelques secondes suffisent pour augmenter leur engagement pendant toute l’activité.
À retenir pour les animateurs
Les enfants n’ont pas besoin de tout décider. En revanche, leur laisser quelques choix simples favorise leur motivation et peut réduire le décrochage au cours d’une activité.
Source scientifique : DiCarlo & Ota (2025). Children’s Autonomy and Engagement in Early Childhood Activities.
Les transitions : le moment où les animateurs perdent le plus souvent l’attention des enfants
Vous avez peut-être déjà remarqué ce phénomène. Votre activité se déroule parfaitement. Les enfants sont investis, participent, rient et semblent pleinement concentrés. Puis vient le moment de ranger le matériel, de changer d’atelier ou d’expliquer la suite. En quelques secondes seulement, tout semble s’effondrer. Certains enfants commencent à courir, d’autres discutent entre eux, quelques-uns s’éloignent sans vraiment écouter les nouvelles consignes. Beaucoup d’animateurs pensent alors avoir « perdu leur groupe ». Pourtant, la science montre que cette situation est parfaitement normale.
Les chercheurs qui observent les comportements des enfants en école maternelle et en structures d’accueil ont constaté que les transitions sont les périodes où l’engagement chute le plus fortement. Le cerveau doit abandonner une tâche pour en commencer une nouvelle, ce qui demande un effort cognitif important, surtout chez les plus jeunes. Autrement dit, le problème n’est pas forcément la prochaine activité… mais la façon d’y arriver.
Dans de nombreux accueils de loisirs, les transitions sont improvisées : on demande aux enfants de ranger, puis on explique rapidement la suite. Pourtant, quelques minutes bien préparées peuvent faire toute la différence.
Comment rendre une transition plus efficace ?
Les spécialistes de l’enfance recommandent d’utiliser des repères qui annoncent clairement le changement.
Par exemple :
- toujours utiliser la même musique pour annoncer un rassemblement ;
- créer un personnage imaginaire qui introduit la prochaine mission ;
- raconter une courte histoire reliant les deux activités ;
- utiliser un compte à rebours collectif ;
- confier une petite mission aux premiers enfants prêts afin qu’ils restent mobilisés.
Ces rituels rassurent les enfants et leur permettent de comprendre que l’activité continue, même si sa forme change.
C’est d’ailleurs une technique utilisée dans de nombreuses écoles maternelles, mais aussi dans certains centres de loisirs où les équipes observent une diminution des temps de dispersion.
Exemple concret en centre de loisirs
Vous organisez un grand jeu de pirates.
Au lieu d’annoncer simplement :
« On arrête, maintenant on va faire le bricolage. »
Essayez plutôt :
« Attention moussaillons ! Une bouteille vient d’être retrouvée sur la plage… Elle contient une nouvelle mission, mais seuls les équipages prêts dans une minute pourront la découvrir. »
En moins de trente secondes, la transition devient elle-même une partie du jeu. Les enfants restent dans leur univers imaginaire et conservent beaucoup plus facilement leur attention.
À retenir pour les animateurs
Une activité ne se résume pas à son déroulement. Les transitions font partie intégrante de l’animation. Les préparer avec autant de soin que le jeu lui-même permet souvent d’éviter une grande partie des décrochages.
Source scientifique : Rimm-Kaufman et al. The Role of Classroom Transitions in Children’s Engagement. Disponible sur PubMed Central
4. Les enfants ont besoin de bouger… mais surtout de réfléchir en bougeant
Combien de fois entend-on cette phrase en animation ? « Ils ont besoin de se défouler ! » Il est vrai que les enfants ont besoin de mouvement. Après plusieurs minutes assis ou concentrés sur une tâche, leur envie de courir, sauter ou manipuler devient tout à fait naturelle. Mais la recherche apporte une nuance importante.Toutes les activités physiques n’ont pas le même effet sur l’attention. Des chercheurs ont comparé différents types d’activités et ont observé que les jeux qui combinent un effort physique avec un défi intellectuel ou une prise de décision améliorent davantage les capacités d’attention que les exercices physiques réalisés sans objectif particulier.
Autrement dit, courir est bénéfique. Mais courir pour résoudre une énigme, coopérer avec une équipe, retrouver un indice ou relever un défi est encore plus efficace. Cette découverte est particulièrement intéressante pour les animateurs. Elle explique pourquoi certains grands jeux captivent les enfants pendant plus d’une heure, alors qu’un simple relais sportif peut parfois perdre rapidement leur intérêt.
Pourquoi le cerveau apprécie-t-il ce type d’activité ?
Lorsque le corps est en mouvement tout en devant réfléchir, plusieurs fonctions cérébrales sont mobilisées simultanément :
- la mémoire ;
- l’attention ;
- la prise de décision ;
- la coordination ;
- la coopération avec les autres.
Le cerveau reste alors beaucoup plus actif qu’au cours d’un exercice répétitif. C’est précisément ce qui fait le succès de nombreuses activités d’enquête, des chasses au trésor ou des jeux coopératifs. Les enfants ne courent pas uniquement pour courir. Ils poursuivent un objectif. Et lorsqu’un objectif a du sens, la motivation augmente naturellement.
Comment appliquer cette découverte en animation ? Vous pouvez transformer une activité très classique en une activité beaucoup plus engageante grâce à une simple modification.
Par exemple :
- Faire un relais où il suffit de courir.
- Faire un relais où chaque passage permet de récupérer une lettre pour résoudre un mot mystère.
- Organiser une course d’obstacles.
- Transformer cette course en mission d’exploration où chaque équipe doit retrouver des indices pour résoudre une énigme.
- Jouer au ballon.
- Ajouter une règle de coopération obligeant les enfants à réfléchir ensemble avant chaque action.
Ces adaptations demandent souvent très peu de matériel, mais augmentent fortement l’implication des enfants.
Ce que cela signifie pour les animateurs
Les meilleurs jeux ne sont pas forcément les plus compliqués. Ce sont souvent ceux qui donnent une raison d’agir. Un scénario, une mission, un mystère à résoudre ou un objectif collectif suffisent souvent à maintenir l’attention beaucoup plus longtemps. C’est d’ailleurs ce principe qui explique le succès des grands jeux scénarisés, des jeux coopératifs ou des enquêtes en centre de loisirs et en séjour de vacances.
À retenir pour les animateurs
Lorsque vous préparez une activité, posez-vous cette question : Les enfants vont-ils simplement bouger… ou vont-ils aussi réfléchir, coopérer et résoudre un problème ? Si la réponse est oui, vous augmentez vos chances de maintenir leur engagement jusqu’à la fin.
Source scientifique : Schmidt et al. (2016). The Effect of Cognitively Engaging Physical Activity on Children’s Executive Functions. Frontiers in Psychology.
C’est précisément pour cette raison que toutes les semaines à thème ludithèmes et les grands jeux comportent toujours :
- un scénario qui donne du sens
- des missions progressives ;
- des défis variés ;
- des moments de coopération ;
- des transitions intégrées à l’histoire.
5. Pourquoi une activité fonctionne le matin… mais beaucoup moins bien l’après-midi ?
Vous avez peut-être déjà vécu cette situation. Vous proposez exactement la même activité à deux groupes différents. Le matin, tout se passe parfaitement. Les enfants participent, coopèrent et restent attentifs jusqu’à la fin. L’après-midi, cette même activité semble plus difficile à animer. Les enfants parlent davantage, s’agitent, perdent plus rapidement leur concentration et certains abandonnent même avant la fin. La première réaction consiste souvent à penser : « Ce groupe est plus difficile. »
Pourtant, les recherches montrent que l’attention d’un enfant varie naturellement au cours de la journée. Comme les adultes, les enfants connaissent des fluctuations de leur niveau de vigilance. Mais chez eux, ces variations sont souvent plus marquées car elles sont influencées par de nombreux facteurs :
- la fatigue accumulée ;
- la qualité du sommeil ;
- l’heure du repas ;
- la chaleur ;
- les émotions vécues plus tôt dans la journée ;
- l’intensité des activités précédentes.
Autrement dit, un enfant qui semble moins attentif à 16 heures n’est pas forcément moins motivé qu’à 10 heures. Son cerveau dispose simplement de moins de ressources pour maintenir son attention pendant une longue période. Les observations réalisées dans des structures accueillant de jeunes enfants montrent que l’engagement fluctue naturellement selon les moments de la journée. Cela explique pourquoi certaines activités très exigeantes fonctionnent mieux le matin, tandis que d’autres sont plus adaptées après le goûter ou en fin d’après-midi. Adapter ses activités au rythme des enfants
Un bon animateur ne prépare pas seulement une activité. Il réfléchit également au meilleur moment pour la proposer.
Par exemple : Le matin est souvent propice :
- aux enquêtes ;
- aux grands jeux ;
- aux activités scientifiques ;
- aux constructions complexes ;
- aux défis nécessitant beaucoup de réflexion.
En revanche, après plusieurs heures d’école ou d’activités, les enfants apprécient davantage :
- les jeux coopératifs ;
- les activités créatives ;
- les jeux de mouvement ;
- les ateliers plus libres ;
- les activités sensorielles.
Cette adaptation ne signifie pas qu’il faut renoncer aux activités ambitieuses l’après-midi. Elle consiste simplement à tenir compte du fonctionnement naturel du cerveau.
Exemple concret en périscolaire. Vous souhaitez proposer un atelier de construction demandant beaucoup de concentration. Si vous intervenez juste après une longue journée d’école, il peut être judicieux de commencer par un jeu dynamique de cinq à dix minutes afin de permettre aux enfants d’évacuer une partie de leur énergie avant de leur demander de rester concentrés. Quelques minutes d’adaptation peuvent parfois transformer complètement l’ambiance de l’activité.
À retenir pour les animateurs
Toutes les activités ne sont pas adaptées à tous les moments de la journée.
Observer le rythme naturel des enfants permet souvent d’obtenir de meilleurs résultats que de chercher une activité « miracle ».
Source scientifique : Rimm-Kaufman et al. (2015). Étude sur les variations d’engagement des jeunes enfants au cours de la journée.
6. Un enfant qui bouge n’est pas forcément un enfant qui décroche
En animation, il est facile d’associer le calme à l’attention. Lorsque les enfants sont silencieux, assis et immobiles, nous avons naturellement l’impression que tout se passe bien. À l’inverse, un groupe qui échange, manipule du matériel ou se déplace peut rapidement donner l’impression d’être dissipé.
Pourtant, les chercheurs distinguent deux notions très différentes :
l’attention apparente, c’est-à-dire ce que l’on observe extérieurement ;
l’engagement réel, qui correspond à l’implication cognitive et émotionnelle de l’enfant dans l’activité.
Un enfant peut sembler parfaitement calme… tout en pensant complètement à autre chose. À l’inverse, un enfant qui pose beaucoup de questions, échange avec ses camarades ou manipule activement le matériel peut être profondément engagé dans l’activité. Cette distinction est essentielle pour les animateurs. L’objectif n’est pas d’obtenir un silence absolu. L’objectif est de faire vivre une expérience où les enfants réfléchissent, expérimentent, coopèrent et prennent plaisir à participer.
Dans de nombreuses situations, un peu de bruit est même le signe que les enfants sont réellement investis. Bien entendu, il existe une différence entre une agitation qui empêche l’activité de se dérouler et un enthousiasme naturel lié à la participation. Le rôle de l’animateur est justement d’apprendre à reconnaître cette différence.
Quels signes montrent qu’un enfant est réellement engagé ? Les chercheurs observent plusieurs indicateurs :
- il pose des questions ;
- il propose des idées ;
- il échange avec les autres ;
- il cherche des solutions ;
- il persévère malgré une difficulté ;
- il manifeste de la curiosité.
Ces comportements sont souvent plus révélateurs que le simple fait de rester immobile.
Exemple concret en centre de loisirs Imaginez deux ateliers.
Dans le premier, tous les enfants restent assis en silence, mais plusieurs regardent ailleurs ou attendent simplement que le temps passe.
Dans le second, les enfants discutent, débattent, cherchent ensemble la solution d’une énigme et manipulent du matériel.
Lequel est le plus favorable aux apprentissages et au plaisir de participer ? La plupart des recherches penchent clairement pour la seconde situation.
À retenir pour les animateurs
Ne cherchez pas à créer un groupe parfaitement silencieux.
Cherchez plutôt à créer un groupe curieux, actif et impliqué.
Un peu de mouvement et de discussions est souvent le signe que les enfants vivent pleinement l’activité.
Source scientifique : Bradbury (2023). Student Engagement and Attention in Learning Environments.
Conclusion
Les recherches scientifiques sont finalement rassurantes. Lorsqu’un enfant décroche pendant une activité, cela ne signifie pas que l’animateur est mauvais ou que le jeu est forcément mal conçu. L’attention dépend d’un ensemble de facteurs liés au développement de l’enfant, à son environnement et à la manière dont l’activité est pensée.
En comprenant mieux ces mécanismes, il devient possible de créer des activités périscolaires, des grands jeux et des animations en centre de loisirs qui respectent davantage le fonctionnement naturel des enfants. Et c’est souvent cette différence qui transforme une activité simplement « sympa » en une activité dont les enfants se souviendront longtemps.
FAQ: Questions fréquentes des animateurs
Pourquoi les enfants perdent-ils rapidement leur attention pendant une activité ?
Il n’existe pas une seule explication. L’attention dépend de nombreux facteurs : l’âge des enfants, leur niveau de fatigue, leur besoin de bouger, leur motivation, mais aussi la manière dont l’activité est présentée. Un enfant qui décroche ne s’ennuie pas forcément. Il peut simplement avoir besoin d’une consigne plus courte, d’un objectif plus clair ou d’un changement de rythme.
Comment capter rapidement l’attention d’un groupe d’enfants ?
Les recherches montrent que les premières minutes sont déterminantes. Pour capter l’attention d’un groupe en périscolaire ou en centre de loisirs, il est recommandé de :
- annoncer une mission plutôt qu’une simple activité ;
- raconter une courte histoire ;
- utiliser un objet mystérieux ;
- faire participer immédiatement les enfants ;
- éviter les longues explications avant de commencer.
Plus les enfants deviennent acteurs rapidement, plus ils restent engagés.
Quelle est la durée d’attention d’un enfant ?
Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de durée universelle. Elle varie selon :
- l’âge ;
- l’intérêt pour l’activité ;
- le niveau de fatigue ;
- l’environnement ;
- la façon dont l’activité est animée.
Une activité dynamique, interactive et variée peut maintenir l’attention beaucoup plus longtemps qu’une activité passive.
Pourquoi certains grands jeux fonctionnent-ils mieux que d’autres ?
Les grands jeux les plus marquants possèdent souvent plusieurs éléments communs :
- un scénario qui donne du sens ;
- un objectif clair ;
- des défis variés ;
- des moments de coopération ;
- des choix laissés aux enfants ;
- des transitions intégrées dans l’histoire.
Les recherches montrent que lorsque les enfants comprennent pourquoi ils agissent, leur engagement augmente naturellement.
Faut-il éviter les activités calmes ?
Absolument pas. Les activités calmes sont essentielles, notamment après une activité physique intense ou lors des temps de retour au calme. L’important est qu’elles restent interactives et adaptées à l’âge des enfants. Une activité calme ne signifie pas une activité passive.
Comment gérer un groupe qui se disperse ?
Avant d’augmenter le ton de votre voix, posez-vous plusieurs questions :
Les consignes étaient-elles suffisamment courtes ?
Les enfants avaient-ils compris leur mission ?
Le niveau de difficulté était-il adapté ?
Les transitions étaient-elles préparées ?
Les enfants avaient-ils un rôle à jouer ?
Dans de nombreuses situations, quelques ajustements suffisent à retrouver l’attention du groupe.
Les activités avec beaucoup de matériel sont-elles plus efficaces ?
Pas nécessairement. Certaines des animations les plus engageantes utilisent très peu de matériel. Ce qui maintient l’attention, ce n’est pas la quantité d’objets utilisés, mais le défi proposé, le scénario et l’implication des enfants.
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